La morphologie idéale pour performer en triathlon : découvrez les clés du succès

Dans de nombreux sports, la morphologie des athlètes joue un rôle crucial dans leurs performances. Cependant, le triathlon est un sport unique où les physiques varient considérablement en fonction des différentes disciplines : la natation, le vélo et la course à pied. Contrairement à d’autres sports comme le basketball, où la taille est un critère important, chaque discipline du triathlon exige des qualités spécifiques pour atteindre le niveau mondial. L’objectif est donc de devenir excellent dans chaque discipline plutôt que d’être exceptionnel dans toutes. Examinons maintenant les critères morphologiques importants dans chaque discipline pour vous aider à exceller dans votre pratique du triathlon. Allons-y !

Un aperçu du fonctionnement du corps humain

Il est essentiel de préciser une chose avant de donner des explications. Il ne s’agit pas de dire « tu es condamné à être mauvais » ou « tu peux remporter le championnat du monde IRONMAN® » ! En tant qu’amateur, il est important de privilégier le plaisir de s’entraîner et sa propre progression. Se comparer aux autres ne vous apportera que peu de bénéfices, tandis que comparer votre niveau d’une saison à l’autre sera beaucoup plus pertinent.

Améliorer votre souplesse, votre agilité et votre résistance

Il est important de comprendre les notions de flexibilité, de mobilité et de raideur pour optimiser ses performances dans le triathlon. La flexibilité concerne l’amplitude de mouvement autour d’une articulation, ce qui peut avoir un impact sur l’économie gestuelle dans des sports comme la natation. Une grande flexibilité des épaules et des chevilles peut favoriser le développement de la technique et de l’économie de nage. La mobilité, quant à elle, concerne la capacité à contrôler un mouvement sur une large amplitude. Une bonne mobilité des hanches en cyclisme, par exemple, permet d’adopter une position aérodynamique tout en préservant la puissance développée. En natation, une mobilisation maximale de l’épaule favorise une exécution technique parfaite et donc une nage efficace. Enfin, la raideur, qui est un concept lié à la performance musculaire, est particulièrement importante en course à pied. Une raideur accrue permet au corps de stocker de l’énergie pendant la phase excentrique pour la restituer lors de la phase concentrique, comme un ressort. Cela améliore la capacité du corps à stocker de l’énergie et optimise le coût énergétique, car moins d’énergie est dissipée lors du retour élastique.

Étirement des muscles et des tendons

Chaque individu possède des caractéristiques musculaires et tendineuses différentes. Cependant, dans le domaine du triathlon, la longueur du corps musculaire est un élément crucial pour la performance. Pour comprendre cela, il est important de comprendre l’anatomie musculaire. Un muscle est relié à un os par des tendons de chaque côté. Si un tendon est long, le muscle sera court et vice versa. La longueur d’un muscle affecte sa puissance potentielle. Un muscle long a un potentiel de puissance plus élevé, surtout s’il est bien développé. En revanche, un muscle court, même s’il est bien développé, ne pourra jamais avoir autant de puissance qu’un muscle long. Cependant, un muscle court peut paraître moins volumineux. En musculation, il est préférable d’avoir des muscles courts avec une hypertrophie importante mais moins de puissance. En natation et en cyclisme, un muscle long apporte davantage de puissance grâce à sa longueur. Toutefois, un muscle court développé reste toujours plus puissant qu’un muscle long non entraîné. En ce qui concerne les tendons, leur longueur joue également un rôle dans la performance. Un muscle court est associé à une longueur tendineuse importante, ce qui est bénéfique pour l’économie de mouvement en course à pied. Une raideur optimale permet d’absorber et de restituer l’énergie de manière élastique. Ainsi, nous pouvons conclure que des muscles longs sont intéressants pour la natation et le cyclisme, mais pas pour la course à pied.

Les avantages de la nage

La célèbre « silhouette en V

Pour être performant en natation à haut niveau, il est préférable d’avoir une grande taille, de grands bras, de grands pieds, une faible largeur de hanche et de longues clavicules. Ces caractéristiques physiques permettent d’améliorer l’amplitude de mouvement et d’aller plus vite. Les clavicules longues, par exemple, favorisent une meilleure rotation interne du bras lors de l’appui, ce qui est important pour la nage.

Au niveau musculaire, on observe des muscles longs au niveau des pectoraux et du grand dorsal. Cela permet d’exercer un fort bras de levier, ce qui est essentiel pour générer de la puissance. Les nageurs de haut niveau ont généralement une forme en V, avec des hanches étroites, ce qui leur confère une meilleure hydrodynamique et réduit les freins à l’avancement dans l’eau.

Enfin, la flexibilité des épaules est une particularité génétique chez les nageurs de haut niveau. Elle permet de réduire le coût énergétique de la nage en limitant les restrictions articulaires dans le haut du corps, ce qui permet au nageur de nager plus vite en économisant de l’énergie.

Comparaison des sprinters et des nageurs de longue distance

Les nageurs de longue distance et les sprinters présentent quelques différences physiques. Un sprinter a besoin de muscles puissants pour être explosif, comme Florent Manaudou. En revanche, un nageur de longue distance comme Florian Wellbrock n’a pas besoin de muscles aussi volumineux, car cela pourrait affecter son économie de course. Les nageurs de longue distance ont tendance à avoir des physiques plus fins mais toujours très musclés. Cependant, si l’on se concentre uniquement sur l’anatomie, tous les nageurs d’élite ont les mêmes particularités, quelle que soit la distance qu’ils préparent.

Les caractéristiques du corps idéal pour un triathlète en cyclisme

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Des cuisses musclées pour plus de puissance

En cyclisme, il y a une grande diversité de physiques en fonction des spécialités et des profils de course. Cependant, il y a des similitudes anatomiques, en excluant le volume musculaire. Avoir des muscles longs dans les fessiers, les ischio-jambiers et les quadriceps donne un potentiel de puissance important. Cependant, l’exploitation de ce potentiel diffère d’un coureur à l’autre, tout comme en natation. Par exemple, le sprinteur André Greipel a un volume musculaire beaucoup plus important que le grimpeur Romain Bardet. Cela lui confère une puissance brute plus élevée pour les efforts courts et explosifs comme les sprints.

Pendant le Tour de France, il y a différents types d’étapes (plaine, montagne, contre-la-montre…) avec des vainqueurs ayant des physiques très variés. Sur le plat, l’accélération initiale demande beaucoup d’énergie. Ensuite, il faut maintenir cette vitesse en adoptant une position aérodynamique pour réduire la résistance à l’air. Il est donc intéressant d’optimiser le rapport W/CdA (coefficient de traînée aérodynamique) plutôt que le rapport W/kg. Bien qu’un physique musclé crée plus de résistance à l’air, sur le plat, cela est largement compensé par les watts développés.

En revanche, en montagne, tout change ! Le rapport W/kg devient plus important car la gravité est le principal obstacle à l’avancement. Un coureur plus fin comme Romain Bardet sera donc plus à l’aise qu’un sprinteur, même s’il a une puissance de base inférieure. Dans des courses à étapes comme la Vuelta ou le Giro, où les coureurs enchaînent les cols, il est donc logique de voir des physiques fins et élancés remporter la victoire finale.

Les pistards, les grimpeurs et les sprinters ne sont pas aussi différents qu’ils le semblent

Comme je l’ai mentionné précédemment, les cyclistes de haut niveau partagent des caractéristiques anatomiques similaires, à l’exception de la masse musculaire. En effet, des muscles longs dans les membres inférieurs offrent un potentiel de puissance important. En ce qui concerne le haut du corps, il n’y a pas vraiment d’avantage génétique notable. Cependant, on peut remarquer que les pistards ont des muscles bien développés dans les membres supérieurs. Cela s’explique par la nécessité d’avoir une bonne stabilité et un bon gainage lorsque le cycliste développe des puissances élevées, autour de 2000 watts. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains sprinters, comme André Greipel, ont un haut du corps bien développé afin de maintenir leur vélo de la meilleure façon possible lors des sprints.

Les caractéristiques morphologiques du coureur à pied

Morphologie idéale pour le triathlon : des jambes longues et musclées

En ce qui concerne la course à pied, contrairement au vélo et à la natation, il s’agit d’un sport excentrique où les membres inférieurs emmagasinent de l’énergie qu’ils restituent de manière élastique. L’objectif principal des coureurs est donc d’être le plus économe possible afin de ne pas perdre d’énergie à chaque foulée. Pour cela, il est préférable d’avoir un tendon long (et donc un muscle court) car cela permet d’emmagasiner et de restituer une plus grande quantité d’énergie. En effet, la raideur du tendon le rend moins déformable et plus économe que le muscle lui-même. De plus, il est intéressant de noter que les coureurs de haut niveau ont généralement des hanches étroites pour limiter le bras de levier et les déformations potentielles, ce qui réduit la sollicitation des muscles stabilisateurs des hanches. En ce qui concerne la taille, les coureurs ont tendance à être plus petits que la moyenne pour des raisons de poids. Cependant, avoir de longues jambes permet d’augmenter l’amplitude des foulées et donc, à fréquence de pas égale, d’aller plus vite. Enfin, il est préférable d’avoir le haut du corps le plus léger possible, avec un buste court.

Les trail et la route: quelles sont les distinctions ?

En trail, les différences entre les coureurs sont notablement influencées par les montées et les descentes. Lorsqu’il s’agit de grimper des pentes raides de plus de 8-10%, la motricité ressemble davantage à celle du cyclisme. Un exemple de cette différence peut être observé en comparant Mathieu Blanchard et Eliud Kipchoge. On peut constater que Mathieu a des muscles inférieurs plus développés que ceux d’Eliud.

Grâce à ses quadriceps longs et volumineux, Mathieu est capable de développer une grande puissance lors des montées, et il peut également supporter des contraintes excentriques plus importantes lors des descentes. Bien qu’Eliud Kipchoge coure le marathon environ 25 minutes plus rapidement que Mathieu, cette tendance s’inversera fortement en montagne. En effet, Kipchoge sera à l’aise sur les parties plates, mais il ne pourra pas supporter des contraintes excentriques aussi importantes qu’un traileur expérimenté. Il y a de fortes chances qu’Eliud souffre de l’épuisement musculaire avant la fin d’un parcours avec beaucoup de dénivelé.

Il n’est donc pas surprenant que les marathoniens d’élite ne pratiquent presque aucun entraînement croisé, comme le vélo par exemple. Cela ne leur apporte pas de réels avantages, à part sur le plan aérobique. Ils préfèrent effectuer des footings très lents à 10 km/h. Oui, même Eliud Kipchoge fait des footings à 10 km/h ! En revanche, Mathieu Blanchard continue à faire du vélo tout au long de la saison. Cela lui permet de supporter de gros volumes d’entraînement et de dénivelé, tout en limitant la fatigue causée par les impacts de la course à pied.

Le triathlète : quel est son rôle ?

Diversité des profils

Le triathlon est un sport complexe où il est important d’être performant dans les trois disciplines. Selon la distance et le type de parcours, différentes compétences peuvent être mises en avant pour réussir. Par exemple, lors des triathlons de courte distance avec drafting, les bons coureurs à pied ont souvent un avantage. Cependant, sur les longues distances sans drafting, il est nécessaire d’être complet dans les trois sports pour réussir. Les scénarios de course sont difficiles à prédire et les facteurs génétiques et techniques ont moins d’influence.

Jan Frodeno et Kristian Blummenfelt sont deux exemples qui illustrent cette diversité. Jan a un physique longiligne et fin qui lui a permis de remporter de nombreuses victoires ces dernières années. Mais depuis quelque temps, d’autres morphologies, comme celle de Kristian, sont également performantes. Kristian a une morphologie atypique mais impressionnante, lui permettant de réussir aussi bien sur les formats courts que longs.

Le triathlon est donc un sport où chacun peut apporter sa propre touche et où le niveau global est en constante hausse. Les morphologies idéales pour performer dans cette discipline ne sont pas fixes et peuvent varier en fonction des évolutions et des stratégies des athlètes.

Un élément partagé par tous : le travail

Tous les triathlètes de haut niveau ont des caractéristiques différentes, mais ils partagent tous une qualité essentielle : le travail acharné. Peu importe votre taille, votre poids ou votre physique, la clé de la performance réside dans l’entraînement rigoureux. Les triathlètes professionnels s’entraînent pendant des dizaines d’heures chaque semaine depuis des années pour maximiser leur potentiel. En tant qu’amateur, vous pouvez également progresser de manière impressionnante en investissant du temps et de la régularité à long terme. Même si vous n’avez pas le potentiel inné pour être un excellent nageur, cycliste ou coureur, la régularité et une méthodologie d’entraînement appropriée peuvent vous permettre de vous améliorer. Par exemple, des triathlètes comme Alex Yee et Hayden Wilde, qui sont des coureurs exceptionnels, sont également très compétents en natation grâce à leur travail acharné, même s’ils n’ont pas une génétique exceptionnelle dans ce domaine. Une planification cohérente et progressive, ainsi que l’analyse régulière des résultats, sont essentielles pour progresser d’année en année dans le triathlon. En résumé, le travail acharné et la régularité sont les clés du succès dans cette discipline exigeante.

Conclusions pour les passionnés

Il n’est pas facile de déterminer avec précision la morphologie idéale pour un triathlète. Pour les amateurs, il est essentiel de se concentrer sur le plaisir de s’entraîner plutôt que de se comparer aux autres. Il est préférable de mesurer vos progrès au fil des années pour évaluer votre investissement. Si vous souhaitez être compétitif en triathlon et vous qualifier pour les championnats du monde IRONMAN®, vous pouvez y parvenir en choisissant des parcours qui conviennent le mieux à votre profil. Par exemple, si vous êtes un cycliste puissant avec une morphologie plutôt massive, privilégiez les parcours plats. Si vous avez un gabarit léger, optez pour les parcours montagneux afin de tirer parti de votre rapport poids/puissance. Cependant, si vous pratiquez le triathlon uniquement par plaisir, vous avez tout à fait raison. Que vous ayez un dos long ou des mollets courts, cela importe peu tant que vous prenez plaisir à vous entraîner et à participer à des courses pour le plaisir. Chacun doit trouver sa propre motivation pour pratiquer le triathlon, que ce soit pour le plaisir ou la compétition, l’important est d’être satisfait de ses attentes.